Espace Vital Romarin

Espace Vital Romarin

Sureau noir

Sureau.jpg

 

Nom biologique : Sambucus

Famille : Adoxaceae

Autres noms : sureau noir, hautbois, sambuc, saou, arbre de judas, seuillon, susier

 

Description morphologique

Le sureau est une plante herbacée, nitrophile, sa présence indique donc un sol riche en azote. Les sureaux ligneux sont des arbustes à fleurs blanches ou de couleur crème qui se transforment ensuite en petits bouquets de baies rouges, bleues ou noires. Très appréciées des oiseaux, elles participent à la dispersion des graines (capables de résister à la digestion des oiseaux) par ornithochorie.

Le sureau noir est un arbuste de 2 à 5 m de haut. Les baies comestibles du sureau noir se présentent sous la forme de parapluies suspendus (corymbes à port tombant). Leur goût s'apparente à la mûre ou au raisin. Le sureau rouge est un arbuste de 1 à 4 m. Ses baies rouge corail, vomitives lorsqu'elles sont crues, sont rassemblées sur des grappes allongées dressées. L'appareil végétatif (en l'absence de fleurs ou de fruits) ressemble fortement à celui du Sureau noir, le critère différentiel est alors la couleur de la moelle (les rameaux de S. niger, cassants, sont pleins d'une moelle blanche ; moelle orangé à brun pour S. racemosa). Le sureau hièble est une herbacée de 1 m de haut qui disparaît en hiver. Les baies toxiques du sureau hièble, situées au sommet des bouquets de feuilles, sont groupées en calices (corymbes à port dressé).

En Europe, il existe trois espèces de sureaux :

-Sureau noir (Sambucus nigra) : l'espèce la plus répandue en Europe dont les baies noires sont comestibles ;

- Sureau rouge, sureau des montagnes ou sureau à grappes aux baies rouges toxiques lorsque crues  Sambucus racemosa subsp. racemosa, sous-espèce eurasienne de Sambucus racemosa.

-Sureau hièble (Sambucus ebulus) :c’est un sureau herbacé rhizomateux retrouvé dans les régions les plus froides de l'Europe de l'ouest et dont les baies noires sont toxiques.

En Amérique du Nord, on trouve :

- Sureau du Canada (Sambucus canadensis) : aux baies bleues, à l’est.

- Sureau glauque  (Sambucus glauca) (= Sambucus cerulea), aussi avec des baies bleues, à l'ouest ;

- Sambucus racemosa subsp. pubens (= Sambucus callicarpa), sous-espèce nord-américaine de Sambucus racemosa, aux baies rouges, se trouve dans les parties les plus froides de l'Amérique du Nord ;

- Sambucus mexicana

 

Principes actifs

L'écorce interne des rameaux contient de la résine purgative, du tanin, des traces d'huile essentielle, de l'acide valérianique, des alcaloïdes (conicine, sambucine).

Les fleurs de sureau ont une forte teneur en antioxydants, acides phénoliques, en flavonoïdes (quercétine et rutine), des triterpènes, des acides phénoliques, qui sont des antioxydants, en huiles essentielles ainsi qu'en minéraux.

Les baies sont, elles, gorgées de vitamines de type A, C et B6. Elles contiennent également une remarquable concentration en fer, flavonoïdes et caroténoïdes, acides aminés et tanins. Quant aux feuilles, elles concentrent tanins, nitrate de potasse et acide valérianique aux propriétés calmantes. Enfin, l'écorce se veut riche en acide cyanhydrique qui peut être toxique à trop forte dose.

 

Valeurs nutritives pour 100 gr de baies

Valeur énergétique : 94,74 Cal

Eau : 79,8 g ;

Protéines : 0,66 g ;
Lipides : 0,5 g ;
dont Acides Gras Saturés : 0,02 g
Glucides : 11,4 g ;
dont Sucres totaux : 11,4 g
Fibres alimentaires : 7 g ;
Sel : 0,02 g

Minéraux et oligo-éléments

Calcium : 38 mg ;
Fer : 1,6 mg ;
Magnésium : 5 mg ;
Phosphore : 39 mg ;
Potassium : 280 mg ;
Sodium : 6 mg ;
Zinc : 0,11 mg ;
Cuivre : 0,06 mg ;
Sélénium : 0,6 µg ;

ß-Carotène : 360 µg

Vitamines
Vitamine C : 36 mg ;
Vitamine B1 : 0,07 mg ;
Vitamine B2 : 0,06 mg ;
Vitamine B3 : 0,5 mg ;
Vitamine B5 : 0,14 mg ;
Vitamine B6 : 0,23 mg ;
Folates totaux : 6 µg

Acides gras

Acides Gras MonoInsaturés : 0,08 g ;
Acides Gras PolyInsaturés : 0,25 g ;
Acide Oleïque : 0,08 g ;
Acide Linoleïque : 0,16 g ;
Acide α-Linolénique : 0,09 g

 

Propriétés

Ecorce

- Diurétique ;

- Laxative ;

- Purgative ;

- Analgésique.

Les feuilles

- Apaisantes ;

- Vulnéraires.

Les fleurs

-Diurétiques ;

- Sudorifiques (après séchage) ;

- Anti-inflammatoires ;

- Antirhumatismales ;

- Antivirales ;

- Expectorantes ;

- Anti-histaminiques ;

- Antioxydantes ;

- Antidiabétiques (insulinogène)

- Renforcent le système immunitaires ;

- Dépuratives

 

Indications

Ecorce

- Hydropisies ;

- Ascite ;

- Anasarque ;

- Œdèmes ;

 - Néphrites ;

- Rhumatismes, arthrose, arthrite, douleurs articulaires ;

Les feuilles

- Entorses ;

- Contusions ;

- Morsures de vipères

Les fleurs

- Rétention de l’eau ;

- Constipation ;

- Troubles digestifs (digestion difficile, ballonnements, flatulences) ;

- Irritations buccales (laryngite, pharyngite, stomatite, etc.);

- Affections cutanées, eczéma, contusions et brûlures ;

- Hémorroïdes ;

- Surpoids ;

- Infections urinaires, cystites.

 

Préparation et médication

Formes et préparations : infusions, tisanes, décoctions, jus, sirops, gélules, teintures mères, bonbons, compresses, cataplasmes, etc.

Usage interne

-Ampoules, comprimés et gélules : à intégrer dans le cadre d'une alimentation équilibrée et d'un mode vie sain. La dose quotidienne recommandée, à ne pas dépasser, est de 500 mg d'extrait sec de sureau.

- Infusion : laisser infuser deux cuillères à café de fleurs séchées de sureau dans de l'eau chaude.

- Décoction : porter à ébullition de l'eau chaude additionnée de feuilles et d'écorces. Après filtration, consommer jusqu'à trois tasses quotidiennes. Cette décoction peut également se faire avec les baies uniquement (1 cuillère à café de baies séchées).

- Tisane provoquant la transpiration à partir des fleurs de sureau : mélanger en quantités égales des fleurs de sureau, des fleurs de tilleul, du thym et de la sauge. Verser 2,5 dl d'eau bouillante sur 1 cuillère à café, couvrir et laisser infuser 5 minutes, boire par petites gorgées. Prendre 2 à 3 tasses par jour de cette infusion.

 

Usage externe

- Cataplasmes : en cas d’affections cutanées, hémorroïdes, douleurs articulaires, etc. tremper des compresses dans ces préparations maison et les appliquer localement. Appliquées en cataplasme : les baies peuvent être utilisées pour soulager contusions, maux de dents et brûlures.

- Frictions : apaisent les piqûres de vipères.

 

De même :

Les fleurs de sureau sont utilisées pour la préparation d'un sirop ou d'une limonade.

On peut aussi faire du « vinaigre de sureau » en laissant macérer au soleil, des fleurs de sureau dans du vinaigre de vin. Il est utilisé dans les salades, seul ou comme base de vinaigrette.

Les fruits comme les fleurs peuvent être transformés en vin de sureau qui est une boisson traditionnelle dans les pays nordiques, ou en sirop (sirop de sureau, gelée de sureau, limonade, ou en kéfir de sureau).

 

Autres usages

- Encres

Les baies peuvent fournir une encre dont la couleur varie du bleu au violet selon sa composition.

Pour faire de l'encre, il faut broyer les baies dans l'eau, puis les laisser macérer pendant une journée afin que les fruits dégorgent. Pendant la macération, ajouter deux sachets de thé. Le thé est riche en tanin, qui fixe très bien les couleurs.

Filtrer le macérat et le faire réduire en le portant à ébullition. Ajouter de l'alun en poudre et de la gomme arabique finement broyée. Mélanger et continuer à faire réduire jusqu'à obtention de la concentration appropriée.

 

-Purin

Le purin de sureau (1 kg de feuilles macérées dans 10 L d'eau mis à fermenter quelques jours) a de nombreuses vertus qui en font un grand allié du jardinier : Répulsif contre les punaises, pucerons, chenilles et cochenilles, ce qui lui vaut le nom d'herbe à punaises, et contre les mammifères  (comme les mulots, campagnols, les taupes).

Agent de conservation : Antifongique grâce à un alcaloïde, la sambucine qu'il contient. Les fleurs de sureau noir, placées par couches alternées avec des pommes, en boîtes hermétiquement closes, assurent la conservation de ces fruits et leur donnent, en outre, le goût de l'ananas.

Antigerminatif : en alternant couches de fleurs séchées et couches de pommes de terre.

 

Conseils d’utilisation

La consommation des baies crues est déconseillée, car elles sont légèrement toxiques et peuvent provoquer des vomissements surtout quand elles sont immatures. La toxicité est détruite lors de la cuisson.

 

Précautions d'emploi

Pas de précautions particulières aux doses thérapeutiques indiquées. Cependant, les femmes enceintes ou qui allaitent, les enfants de moins de 12 ans et les personnes diabétiques ne doivent pas consommer de sureau par mesure de précaution.

 

Contre-indications

Le sureau est déconseillé chez

-Les personnes souffrant de diabète : il entraîne des troubles du traitement par insuline.

– Les personnes atteintes d'anémie ou de porphyrie, une maladie sanguine complexe.

 

Effets indésirables

Des effets secondaires ont été observés, notamment en cas de surconsommation. Le sureau peut entraîner des troubles digestifs passagers ainsi qu'une odeur de transpiration plus prononcée, liée aux propriétés diaphorétiques de la plante.

Du fait de leur teneur en sambunigrine, les baies peuvent parfois être toxiques et provoquer des douleurs gastriques, des vomissements, des vertiges mais aussi des convulsions.

 

Interactions

- Il est possible que les effets du sureau puissent s'additionner à ceux des plantes ou des compléments ayant des propriétés anti-inflammatoires, décongestionnantes ou diurétiques.

- Le sureau peut augmenter l'activité des médicaments diurétiques. Il peut aussi diminuer l'efficacité du traitement par immunodépresseurs.

 

N.B. Les fleurs, feuilles et baies sont disponibles en herboristerie et en pharmacie/parapharmacie, tout comme les compléments phytothérapiques sous forme de gélules, tisanes, jus, sirops, etc.

 

Sources :

Guilde des herboristes. Filière des plantes médicinales biologiques du Québec. Livre : Sous la protection du Sureau de Bernard Bertrand.

Source des données brutes : Fichier Canadien sur les Eléments Nutritifs 2010

200 plantes qui vous veulent du bien 
De Carole Minker 

 Editions Larousse 2013 

Guide de la phytothérapie 
Du Dr Jörg Grûnwald et Christof Jancke 
Editions Marabout 2004 

Petit Larousse des plantes médicinales 
De Gérard Debuigne et François Couplan 
Editions Larousse 2009 

Du bon usage des plantes qui soignent 
De Jacques Fleurentin 
Editions Ouest-France 2013 



14/04/2018
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Santé & Bien-être pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour